Les personnes derrière Creative Time Lab : Jérémy LeBot

Jérémy LeBot nous a trouvés grâce à la publication de Nicolas Fieulaine sur Terres du Son, puis s’est assis pour lire nos articles avant de nous contacter. Nous lui avons demandé ce qui lui trottait dans la tête à ce moment-là.

« Je cherchais un moyen de relier l’art aux sciences comportementales. CTL m’a montré que des cadres théoriques pouvaient être traduits en expériences immersives. La preuve que je pouvais réunir mes deux formations académiques sans sacrifier ni la rigueur scientifique ni la créativité artistique. »

Son parcours passe par la peinture décorative, la psychologie sociale, plus d’un an de coordination de logements d’urgence au sein de RESSIF, et la transition écologique. À l’époque, dit-il, chaque transition avait le goût d’un renoncement à un futur possible. Avec le recul, il voit le fil conducteur. Les compétences acquises à chaque étape continuent d’alimenter sa façon de travailler aujourd’hui. Les chemins convergent vers un avenir qu’il n’avait pas anticipé, et qu’il trouve « bien plus stimulant et porteur de sens ».

Son année à RESSIF façonne sa manière de penser l’engagement du public. Il le formule directement : beaucoup de programmes échouent parce qu’ils sont conçus sans consulter les personnes auxquelles ils sont destinés. La communication n’est pas adaptée au public. Les conditions d’éligibilité créent des frictions. Les gens se désengagent.

Après sa première semaine, il se pose la question suivante : dans quelle mesure notre perception du temps comme ressource finie influence-t-elle les choix que nous faisons ?

Il se penche sur les échelles CFC et ZTPI. Cette perspective est nouvelle pour lui, dit-il — ni intrinsèquement positive ni négative. Selon le contexte, elle peut l’inciter à agir avec plus d’intention, ou devenir une source d’hésitation et de paralysie. La perception du temps comme prisme sur le choix.

Le temps est un concept si fascinant ! Les questions qu’il soulève sont innombrables ! C’est pourquoi on ne s’ennuie jamais à CTL — tant de choses à explorer !

Ce qu’il attend le plus dans notre travail, c’est le moment où un projet prend vie. Concevoir des projets, c’est en grande partie imaginer le futur. Analyser des données, c’est en grande partie donner du sens au passé. La rencontre elle-même — observer les participants, écouter leurs expériences, collecter des données en temps réel — ce sont des « moments rares où je suis pleinement immergé dans le présent ».

Et ce que CTL pourrait l’aider à construire : « des prototypes d’intervention dans lesquels l’art n’est pas une couche esthétique posée sur un outil de sensibilisation, mais un mécanisme central de changement et d’action. »

Bienvenue, Jérémy ! Nous sommes ravis de t’avoir parmi nous !

🔍 Premières réflexions : que signifie pour nous la « futurisation » ?

En 2017–2018, alors que le projet « Futurization of Thinking and Behaviour » (« Futurisation de la pensée et du comportement ») commençait tout juste, nous avons mené notre première étude pilote pour comprendre comment les gens perçoivent le mot même de « futurisation ».

Qu’est-ce que cela vous évoque ? Qu’est-ce que cela vous fait ressentir ? Quelles couleurs ou quelles images vous viennent à l’esprit ?

Notre petite enquête et notre premier groupe de discussion ont révélé des impressions fascinantes :

💡 La futurisation était souvent associée à la technologie, à l’innovation, aux robots et à l’automatisation — une sorte de monde ultramoderne façonné par l’humain.

🎨 Les couleurs associées à l’avenir étaient froides et métalliques — blanc, chrome, argent, gris acier — avec seulement de rares touches de vert ou de bleu, et presque pas de tons chauds.

🦸‍♂️ Lorsqu’on leur demandait d’imaginer un « personnage » de la futurisation, les participants citaient des robots, des super-héros et des icônes de la technologie — majoritairement masculins, majoritairement artificiels.

Sur le plan émotionnel, l’avenir suscitait des sentiments partagés :
✨ La curiosité (70 %) et l’optimisme cohabitaient avec un malaise (60 %), l’espoir (50 %) avec un sentiment d’étrangeté (40 %), et même la peur (30 %).

Ces premiers résultats laissaient déjà entrevoir quelque chose d’essentiel :
notre imaginaire collectif de l’avenir était technologique mais émotionnellement distant — brillant et clinquant, mais déconnecté de la nature, de l’humain et de la chaleur.

C’est là que notre travail a commencé : reconnecter l’imaginaire, l’émotion et le sens dans notre manière de penser l’avenir.

🌱 Le projet « Futurization » a énormément grandi depuis — mais ce premier aperçu reste un puissant rappel de la nécessité de réinventer ce que l’on ressent face à l’avenir.

👉 Suivez Creative Time Lab pour explorer comment notre rapport à l’avenir continue d’évoluer — à travers la recherche, l’art et l’imaginaire collectif.

🌱Creative Time Lab au département d’économie (BYC) CHRIST (considéré comme une université) Yeshwanthpur : Le futur existe-t-il ?

Creative Time Lab a eu le plaisir de présenter son travail la semaine dernière à Bangalore, en Inde, où notre cofondatrice, le Dr Anna Sircova, a animé une session passionnante sur la façon dont les gens imaginent leur futur personnel et celui du monde, et sur la manière dont ces visions façonnent les émotions, la capacité d’action et l’action collective.

L’un des moments forts de l’atelier a été la réflexion collective sur un scénario qui remettait en question l’existence même du futur. Cela a suscité des réactions émotionnelles et culturelles étonnamment diversifiées :

  • Certains ont fait remarquer que le simple fait d’envisager un « futur inexistant » peut générer de l’anxiété, en particulier dans les cultures où la réflexion sur l’avenir est liée au sens, à la productivité et à la finalité.
  • D’autres, s’appuyant sur des visions du monde plus cycliques ou spirituelles, ont exprimé que l’avenir n’est ni garanti ni nécessaire en tant que repère psychologique ; ce qui importe, c’est la continuité du « microcosme » : nos actions, nos valeurs et leurs répercussions.
  • Plusieurs participants ont fait remarquer que l’incertitude est universelle, mais qu’une attitude optimiste ou pleine d’espoir permet à la vie de rester porteuse de sens dans le présent.
  • Un étudiant a fait le lien entre cette discussion et les intuitions de l’enfance, ce sentiment que la vie elle-même pourrait être un rêve, soulignant que malgré l’incertitude, l’espoir reste une force stabilisatrice.

Ces réflexions illustrent parfaitement comment les modèles culturels du temps (linéaire, circulaire ou stratifié) façonnent non seulement la manière dont les gens imaginent le futur, mais aussi la manière dont ils le vivent émotionnellement.

De plus, au cours de la session, nous avons exploré les perceptions contrastées de nos futurs personnels (souvent optimistes et axés sur des objectifs) par rapport à ceux du monde (souvent marqués par l’anxiété et l’urgence), en nous appuyant sur les résultats de nos recherches internationales. Nous avons également présenté notre installation interactive et sensorielle, L’Espace de Futurisation, rendue possible grâce au généreux soutien de la Fondation APRIL, qui vise à transformer l’anxiété abstraite liée à l’avenir en espoir tangible et en capacité de réflexion.

Nous avons été chaleureusement accueillis par Joby Thomas, PhD, doyen, et le Dr Jayesh M P, et avons eu le plaisir de rencontrer les étudiants motivés du Nudge Club, dont la curiosité et la perspective en sciences comportementales ont enrichi la discussion.

Merci à tous les participants pour leur ouverture d’esprit, leurs idées et leurs contributions visionnaires. Ensemble, nous apprenons à naviguer et à cultiver les futurs possibles.

🌱Creative Time Lab à l’université d’Ashoka : futurs multiples et espoir radical

Cette semaine, Creative Time Lab a eu le plaisir de présenter son travail à l’université Ashoka, en Inde, où notre cofondatrice, le Dr Anna Sircova, a été invitée à intervenir par le professeur Nandini Chatterjee Singh.

Anna a présenté aux étudiants, aux enseignants et à d’autres esprits curieux nos recherches en cours sur la façon dont les gens imaginent leur avenir personnel et mondial, et pourquoi ces perceptions sont importantes pour le pouvoir d’agir, le bien-être et l’action collective.

S’appuyant sur les enseignements tirés d’études menées au Danemark, aux États-Unis, en Chine et en Inde, ainsi que sur les récentes conclusions de notre installation immersive « The Space of Futurization », créée en France avec le soutien de la Fondation APRIL, la présentation a suscité un riche dialogue sur l’imagination, le temps, la culture et les émotions.

À travers différents contextes, nous continuons d’observer une tendance frappante :

🔹 Les gens perçoivent leur avenir personnel comme plus radieux, plus contrôlable et plein de possibilités

🔹 L’avenir mondial, en revanche, est souvent considéré comme sombre, incertain, voire menaçant.

Chez Ashoka, cela a donné lieu à des réflexions approfondies sur les concepts culturels du temps (linéaire ou circulaire), l’influence des « images toutes faites » sur la réflexion prospective et le fardeau émotionnel croissant qui pèse sur les jeunes générations. La conversation a également abordé la musique et la conception d’espaces où les gens peuvent exprimer en toute sécurité leurs émotions face à l’avenir.

Nous étions particulièrement enthousiastes à l’idée de discuter du fonctionnement de The Space of Futurization en tant que laboratoire vivant, un environnement participatif où chacun peut exprimer ses sentiments liés à l’avenir, co-créer du sens et souvent redécouvrir l’espoir à travers des expériences partagées. Plusieurs participants à Ashoka se sont demandé si une installation permanente sur le campus serait possible, une idée que nous aimerions explorer plus en profondeur.

Nous remercions chaleureusement le professeur Nandini Chatterjee Singh de nous avoir accueillis et d’avoir favorisé un échange aussi fructueux. La curiosité et l’ouverture d’esprit à Ashoka nous ont inspirés et nous ont rendus plus déterminés que jamais à créer des espaces où l’imagination, le dialogue et l’espoir radical peuvent s’épanouir.

Pourquoi Creative Time Lab ?

Ce nom est le fruit d’un long processus.

En 2015, j’ai fondé Creative Time Studio, un espace où la psychologie du temps rencontre la créativité. Il s’agissait d’une petite expérience née d’une idée : la façon dont nous utilisons et vivons le temps façonne profondément nos vies, notre joie et notre capacité à changer.

Le Studio consistait à dire « oui » à la création et à l’utilisation du temps, à utiliser la créativité comme une ressource, à façonner des moments de découverte, de jeu et de sens. Il s’agissait également de ma propre quête : comment réunir des années de recherche sur la perspective temporelle et ma passion pour les approches interdisciplinaires avec mon amour pour les arts, la narration, l’imagination et d’autres activités créatives.

Au fil du temps, cette quête s’est élargie. J’ai réalisé que ce dont nous avions besoin ensuite, ce n’était pas seulement un « studio » — un lieu de création — mais aussi un « laboratoire » — un lieu d’exploration, d’expérimentation et de collaboration.

C’est ainsi qu’est né Creative Time Lab.

Ici, nous réunissons l’art et la science pour créer des espaces où chacun peut renouer avec son imagination, sa curiosité et une vision de l’avenir. Notre projet phare, The Space of Futurization, est né de nos découvertes scientifiques qui ont révélé qu’il existe plusieurs futurs possibles. Nous espérons ainsi créer les conditions propices à des actions porteuses de sens, afin de transformer l’angoisse liée à l’avenir en imagination collective et en capacité d’agir.

D’une certaine manière, Creative Time Lab poursuit ce que le Studio a commencé : un espace de rêve pour expérimenter le temps, la créativité et les relations humaines. C’est un espace dédié à la joie, à la réflexion, à l’imagination collective et au partage de sens.

— Dr Anna Sircova

Fondatrice,Creative Time Lab

Creative Time Lab : façonner la résilience de demain

Nous sommes une association à but non lucratif basée en France qui se consacre à l’étude de la manière dont notre relation au temps, et en particulier à l’avenir, influence notre santé mentale, notre créativité et la transformation sociale.

Chez Creative Time Lab, nous cherchons des moyens d’aider les gens à envisager l’avenir sans être paralysés par l’angoisse. En associant science et art, nous créons des espaces propices au dialogue, à la résilience émotionnelle et à l’imagination collective, car l’avenir commence dans notre façon de penser, de ressentir et d’agir aujourd’hui.

Notre projet phare, L’Espace de Futurization, est une installation immersive qui transforme la recherche psychologique en expériences sensorielles partagées. Elle invite les participants à explorer leurs espoirs et leurs craintes concernant l’avenir, favorisant ainsi la réflexion, la connexion et la capacité d’action.

Suivez-nous pour découvrir comment la psychologie, l’art et le design peuvent s’associer pour façonner une relation plus résiliente et imaginative avec le futur.