🔍 Imaginer ensemble les futurs de la culture

Lors du récent Forum de la Culture Durable à Bruxelles, nous avons invité les participant·es à entrer dans une machine à remonter le temps éphémère. Guidé·es par nos recherches en cours, nous n’avons pas seulement discuté des futurs possibles — nous les avons ressentis, questionnés et commencé à les façonner, ensemble.

Nos recherches mettent en lumière trois récits récurrents sur l’avenir de la culture :
🤖 l’un façonné par l’IA
🌍 l’un centré sur la construction d’événements culturels résilients face au climat
🤝 l’un où les liens sociaux pourraient devenir notre ressource la plus menacée

Lors de cette session immersive, les participant·es ont exploré ces trois voies et nous ont aidé·es à en cartographier une quatrième, émergeant de ce qu’iels portaient déjà en elles et eux.

🌱 Ce qui est apparu, ce sont des préoccupations très concrètes :

  • La crainte que l’IA ne remplace ce qui fait notre humanité — la créativité, la sensibilité, le savoir-faire.
  • L’inquiétude de perdre des compétences en déléguant trop.
  • L’anxiété face à l’appauvrissement, à la diminution des financements et à un travail culturel devenant plus compétitif mais moins porteur de sens.
  • Et une peur récurrente d’être moins ensemble — moins de rencontres physiques, moins de moments partagés, moins de liens humains.

🌱 Parallèlement à ces inquiétudes, de forts espoirs se sont exprimés :

  • Que l’IA ne pourra pas remplacer l’empathie, l’amour, ni la capacité à rencontrer véritablement l’autre.
  • Que la solidarité et l’entraide peuvent encore être préservées.
  • Que les personnes — artistes, technicien·nes, cuisinier·ères, équipes, publics — resteront l’ingrédient essentiel de la vie culturelle.
  • Que des rituels comme la musique live, danser ensemble, célébrer, se dire bonjour, et simplement être présent·es pourront perdurer.

Quand on leur a demandé ce qu’ils et elles sauveraient si la culture devait tenir dans une seule camionnette, beaucoup ont répondu simplement : les gens.

Dans ce format express et immersif, les résultats de la recherche sont devenus une expérience incarnée. Malgré l’heure tardive, les participant·es sont resté·es attentif·ves et curieux·ses — et plusieurs sont resté·es après pour échanger sur le fait qu’iels ont rarement l’espace pour parler des émotions, des valeurs et des relations dans les cadres culturels professionnels.

Ce qui nous a le plus frappé·es, c’est la constance avec laquelle un thème est revenu, à travers les différents futurs :
la nécessité de rester connecté·es — les un·es aux autres, aux rituels partagés, et à ce qui rend la culture vivante.

Nos recherches continuent de montrer que ce ne sont pas seulement les ressources qui font la différence. L’imaginaire collectif — surtout lorsqu’il est partagé — est peut-être l’une des technologies culturelles les plus puissantes dont nous disposons.

Des moments comme celui-ci nous rappellent que la culture n’est pas figée. Elle est dynamique. Elle est vivante et se façonne par ce que nous choisissons de nourrir. Et peut-être que l’avenir de la culture n’est pas une vision unique, mais quelque chose qui émerge entre anxiété et action, lorsque nous choisissons la connexion plutôt que l’isolement.

Un grand merci à l’équipe d’EventChange, à Nicolas Fieulaine et à NFÉtudes pour l’invitation et cette opportunité ✨

💬 Quel avenir pensez-vous que la culture peut nous aider à construire ?

🔍 Premières réflexions : que signifie pour nous la « futurisation » ?

En 2017–2018, alors que le projet « Futurization of Thinking and Behaviour » (« Futurisation de la pensée et du comportement ») commençait tout juste, nous avons mené notre première étude pilote pour comprendre comment les gens perçoivent le mot même de « futurisation ».

Qu’est-ce que cela vous évoque ? Qu’est-ce que cela vous fait ressentir ? Quelles couleurs ou quelles images vous viennent à l’esprit ?

Notre petite enquête et notre premier groupe de discussion ont révélé des impressions fascinantes :

💡 La futurisation était souvent associée à la technologie, à l’innovation, aux robots et à l’automatisation — une sorte de monde ultramoderne façonné par l’humain.

🎨 Les couleurs associées à l’avenir étaient froides et métalliques — blanc, chrome, argent, gris acier — avec seulement de rares touches de vert ou de bleu, et presque pas de tons chauds.

🦸‍♂️ Lorsqu’on leur demandait d’imaginer un « personnage » de la futurisation, les participants citaient des robots, des super-héros et des icônes de la technologie — majoritairement masculins, majoritairement artificiels.

Sur le plan émotionnel, l’avenir suscitait des sentiments partagés :
✨ La curiosité (70 %) et l’optimisme cohabitaient avec un malaise (60 %), l’espoir (50 %) avec un sentiment d’étrangeté (40 %), et même la peur (30 %).

Ces premiers résultats laissaient déjà entrevoir quelque chose d’essentiel :
notre imaginaire collectif de l’avenir était technologique mais émotionnellement distant — brillant et clinquant, mais déconnecté de la nature, de l’humain et de la chaleur.

C’est là que notre travail a commencé : reconnecter l’imaginaire, l’émotion et le sens dans notre manière de penser l’avenir.

🌱 Le projet « Futurization » a énormément grandi depuis — mais ce premier aperçu reste un puissant rappel de la nécessité de réinventer ce que l’on ressent face à l’avenir.

👉 Suivez Creative Time Lab pour explorer comment notre rapport à l’avenir continue d’évoluer — à travers la recherche, l’art et l’imaginaire collectif.