

Café Futuresque est né d’une vraie démarche de recherche. Les menus sont construits à partir de ce que des personnes issues de contextes variés ont imaginé que nous pourrions manger dans 30 ou 100 ans. Ce qui était au départ un résultat de recherche est devenu un format expérientiel : un café éphémère où le menu lui-même est au cœur de l’expérience, invitant les visiteurs à s’asseoir avec les questions que la recherche sur l’avenir de l’alimentation ne cesse de soulever. Où en sommes-nous aujourd’hui, vers où allons-nous, et comment nous sentons-nous vraiment par rapport à tout cela ?
Le menu comprend la « Salade Pas Comme Celle de Grand-Mère » : poulet vegan cultivé en laboratoire, kale, chips d’algues et vinaigrette à bilan carbone négatif. Le « Smoothie du Sol à la Gorgée » mélange des végétaux issus de l’agriculture régénératrice, des champignons adaptogènes et des graines de chia nano-hydratées. Et pour les plus nostalgiques, la « Barre Chocolatée Emballée en Plastique », répertoriée comme Relique Interdite.
Un peu étrange pour certains ? Absolument. C’est justement le but.
Il n’était pas surprenant que beaucoup de participants arrivent à l’atelier pilote du BIOTOPE FESTIVAL en s’inquiétant de l’avenir de l’alimentation. Mais ce qui s’est passé ensuite était intéressant.
73 % des participants pensaient que des menus de ce type feraient leur apparition dans des restaurants ou des cafés d’ici 20 ans, et près de 50 % d’ici 10 ans — bien dans les limites de la vie de la plupart d’entre nous.
L’émotion le plus souvent évoquée durant l’expérience était « l’inconfort ». La deuxième était « le sentiment d’agir ». Près de la moitié des participants ont déclaré qu’ils ne se sentiraient pas à l’aise de manger ce menu. Les raisons invoquées : c’est « trop artificiel », ça « n’offre aucun plaisir gustatif », ou ça « va détruire beaucoup d’emplois ». Ceux qui se disaient à l’aise ? « On devra s’adapter », ou simplement curieux d’essayer.
Et pourtant, après l’expérience, 80 % estimaient que leurs propres choix contribuent à façonner l’avenir de l’alimentation. Beaucoup de ceux qui étaient arrivés inquiets l’étaient encore (les préoccupations concernant les prix, le goût et ce que nous pourrions perdre n’ont pas disparu), mais l’inconfort et le sentiment d’agir se sont révélés compatibles. Bien plus, se confronter à un avenir inconfortable semblait activer les gens plutôt que les paralyser.

Cela s’est reflété dans les réponses écrites. Les actions envisagées allaient de « aller acheter des légumes au prochain marché du dimanche » à « cultiver mon propre jardin » et « faire des choix plus réfléchis » : des actions concrètes, ancrées, personnelles.
Enfin, plus de la moitié des participants ont déclaré que cette brève expérience avait modifié, au moins dans une certaine mesure, leur rapport à l’avenir de l’alimentation. La raison la plus souvent citée ? Elle a rendu l’avenir plus proche et plus réel. Nous avons souvent tendance à percevoir les futurs lointains, au-delà de notre horizon personnel, comme quelque chose de distant, à décider plus tard, par des systèmes plus grands que nous. Ce dont nous avons besoin, ce sont des façons de ramener ces futurs dans l’imagination du présent — créer des espaces qui encouragent à apprivoiser l’incertitude, jusqu’à ce que les courses du dimanche puissent commencer à ressembler à une partie de la réponse.
Nous continuons à développer ce format et serions ravis d’entendre ce que ces résultats vous évoquent. Qu’y aurait-il sur votre menu imaginaire pour 2056 ?
Café Futuresque s’inscrit dans notre travail soutenu par la Fondation APRIL.












