Le cadre de la Futurisation à la conférence Behavioural Insights for Policy 2026 à Athènes

Le mois dernier, notre fondatrice Anna Sircova a présenté le cadre de la Futurisation lors de la conférence Behavioural Insights for Policy (BiP) 2026 à Athènes, en Grèce — un atelier interdisciplinaire organisé par le King’s College de Londres, Ethos Lab et l’Institut Eteron, réunissant des spécialistes des sciences comportementales, des économistes, des décideurs politiques et des praticiens de toute l’Europe.

La conférence a mis en lumière des thèmes au cœur de notre travail : la confiance, l’éducation, l’engagement public, et la manière dont nous pouvons soutenir et donner aux gens les moyens d’agir, même face à l’incertitude.

De nombreuses recherches importantes ont été partagées, notamment le discours du conférencier principal Ralph Hertwig qui plaidait pour le boosting — développer de réelles capacités cognitives et émotionnelles chez les personnes, et pas seulement orienter leurs choix — et Nicolas Fieulaine explorant comment les perspectives psychologiques et culturelles éclairent les raisons pour lesquelles les gens n’accèdent pas toujours à leurs droits sociaux. Le fil conducteur : l’éducation et la culture ne sont pas des ajouts secondaires aux politiques publiques — elles sont essentielles.

BiP nous a donné l’espace nécessaire pour approfondir nos résultats de recherche — et ce qui a émergé de ces conversations nous a donné envie de partager trois choses issues de nos propres données, dont nous n’avions pas encore parlé.

La culture façonne la manière dont l’avenir est imaginé et ressenti. Dans nos ateliers sur les scénarios avec des groupes d’étudiants des États-Unis, de Chine, d’Inde, de Turquie et de France, nous avons trouvé des réponses frappantes à la même question : que signifierait que l’avenir n’existe pas ? Aux États-Unis, pas d’avenir signifiait effondrement — plus de motivation, plus de sens. En Chine, la réponse était calme et adaptative — pas d’avenir, pas de problème. Les habitudes, les croyances et le contexte culturel font partie de l’architecture de la relation des gens à ce qui vient ensuite.

L’éco-anxiété colore l’expérience — mais de manière sélective. Dans notre étude en installation à Terres du Son, l’éco-anxiété de base était associée à une moindre excitation et à un moindre sentiment de contrôle personnel, ainsi qu’à davantage de peur face à l’avenir — mais n’affectait pas des traits plus profonds comme l’acceptation calme ou le sentiment d’avoir un but. Les expériences tournées vers l’avenir doivent laisser de la place à la complexité émotionnelle et aider les gens à accéder aux fondations existantes de la résilience, pas seulement les inspirer.

L’effet le plus fort que nous ayons observé était social. Plus que tout changement dans les attitudes individuelles face au climat, ce que l’installation a changé, c’est le sentiment de connexion des gens entre eux grâce à l’acte d’imaginer l’avenir ensemble. C’est cela, pour nous, la futurisation en pratique. C’est une compétence psychologique : la capacité à rester avec des futurs sombres ou incertains sans paralysie. Développer cette capacité — par l’éducation, une conception réfléchie et une communication publique honnête — est au cœur de la construction de l’espoir, de la résilience et de l’action.

Nous remercions la Fondation APRIL pour son soutien à la recherche.

Et merci à Sanchayan Banerjee, Pinelopi Skotida, Vasilis Panagou, George Melios et toute l’équipe d’organisation pour avoir créé cet espace d’opportunité à Athènes.

Alerte spoiler : C’est une soirée cinéma à deux films.

Suite du dernier aperçu des résultats de notre installation…
Nous vous invitons au cinéma avec pour thème l’exploration des premières impressions et images des futurs personnel et global.

Alerte spoiler : C’est une soirée cinéma à deux films.

Mon avenir personnel : 🎬 « Une histoire édifiante de passage à l’âge adulte »
Avec… moi dans le rôle principal ! Le scénario est un peu flou, c’est vrai. On y trouve les rebondissements habituels parsemés de « défis » et de « mystère » — mais de manière inspirante, du genre « je vais les surmonter et grandir en tant que personne ».

32,2 % des critiques sont positives et pleines d’espoir ! Un film solide de trois étoiles, avec du cœur.

L’avenir du monde : 🎬 « Un thriller anxiogène »
Classé : 😬
Les critiques le qualifient de « dérangeant », de « lutte impitoyable » et tout simplement « bof… » Le slogan ? « Flou… Mais aussi comme s’il n’y avait plus de temps – aucun arc dramatique, juste du chaos et de l’angoisse ».

Plus de 50 % du public a ressenti une pure anxiété ou de la confusion.
Seulement 18,3 % sont sortis de la salle en se sentant bien – peut-être un peu trop dystopique pour eux. Ambiance gros studio, aucune résolution.

Le commentaire du réalisateur :
Il s’avère que l’incertitude est présente dans les deux films (environ 15 % chacun). Mais dans mon film, c’est une « opportunité mystérieuse ». Dans le film du monde, c’est juste… « une altérité inquiétante ». Ce qui ressemble à un épisode refusé de Black Mirror.

Le vrai retournement :
Nous vivons tous dans les deux films à la fois.

Personnellement ? L’espoir d’être le personnage principal avec une évolution.
Globalement ? Un figurant anxieux à l’arrière-plan qui se demande pourquoi il a signé pour ça.

Alors, quelle est la conclusion ?
Avons-nous affaire à un narrateur peu fiable ou est-ce que nous manquons simplement le sens plus profond ?
Ou peut-être devrions-nous renvoyer le scénariste du monde. Ou au moins proposer un spin-off plein d’espoir.

À vous : Dans quel film êtes-vous actuellement ? Et votre avenir global a-t-il besoin d’une réécriture ?

Quelques enseignements tirés des données que nous avons recueillies avec notre installation immersive l’été dernier…

Pour planter le décor, voici de quoi réfléchir. Imaginez-vous entrer dans l’Espace de Futurisation en vous demandant : « Quelle est la couleur du futur ? » et « Quel temps fera-t-il dans le futur ? »

Nos résultats montrent un conflit fascinant :

🎨 Palette de couleurs :
Des bleus froids.
Des verts frais.
Des gris élégants.
Très scandinave. Très calme. Très « on gère ».

☀️ Météo :
🔥🔥🔥 CHALEUR EXTREME 🔥🔥🔥
(55 % des réponses. Pas d’ombre. Littéralement.)

Alors d’un côté, nous imaginons l’avenir comme un tableau d’inspiration au style apaisant, porté par l’optimisme.
De l’autre côté, on a l’impression d’être pieds nus sur l’asphalte en août et l’anxiété monte…

Pour résumer :
Nous voyons un avenir esthétiquement conçu pour un calme et une croissance maximaux… tout en nous préparant physiologiquement à la séance de yoga la plus chaude qui soit.

Cela soulève quelques questions :

  • Pouvons-nous conserver notre calme tout en anticipant les perturbations ?
  • Sommes-nous des esthètes optimistes qui sont aussi des réalistes pragmatiques ?
  • Gardons-nous l’espoir que la hausse des températures n’effacera pas la palette de couleurs du monde naturel ?
  • Ou espérons-nous simplement que nos futurs climatiseurs solaires d’intérieur auront une jolie teinte menthe ?

Ou peut-être que notre imagination est déjà climatisée, mais pas nos émotions.
Et peut-être que la vraie question est de savoir si cette coexistence du calme et de l’anxiété est viable…

Ou, pour le dire plus crûment :
Sommes-nous déterminés à ce que, si nous devons bientôt marcher sur des braises, nous le fassions avec style ?

💬 Si vous deviez expliquer ce contraste en une phrase, que diriez-vous ?
💬 Quelle est la palette de couleurs — ou la météo — de votre avenir ?